La petite histoire de l'équipe
M. et Mme Braizat
En 1976, André Braizat, conducteur de machines à fabriquer des étiquettes adhésives dans une belle imprimerie très sérieuse, eut un jour envie de créer sa propre fabrique d'étiquettes.
- Tope-là ! dit Mme Braizat, moi je laisse tomber la coiffure ! Je suis avec toi, lui dit-elle, montons-la cette affaire, elle s'appelera Braizat Etiquettes. C'est chouette la vie !
C'est ainsi qu'un jour il se retrouvèrent à la tête d'une imprimerie d'étiquettes adhésives. Et ils aimèrent bien ça.
Quelques décennies florissantes et des milliards d'étiquettes adhésives plus tard, Mme Braizat proposa à son mari :
- C'était sympa cette idée, on a fait tout ce qu'on voulait. Maintenant ce que je voudrais, c'est voyager. Je veux aller voir la mer au milieu de la semaine s'il fait beau, faire du shopping
quand c'est les soldes et apprendre l'anglais... qu'en penses-tu ?
- Tope là ! dit M. Braizat, on a bien bossé, c'est bien. Je n'irai pas faire les soldes, mais je veux bien aller voir la mer, it's ok ! Pour ça, il faut trouver quelqu'un pour nous remplacer
auprès des clients, ça ne va pas être facile.
- Je ne confierai pas mes clients à n'importe qui, dit Mme Braizat...
- Ni moi mes machines et ni mes étiquettes... dit M. Braizat.
- Cherchons la bonne personne, conclurent-ils ensemble.
Ce fut assez long pour trouver la bonne personne.
Pourtant quelques millions d'étiquettes plus tard, se présenta Marie Aubin...
Marie Aubin
- Vous connaissez l'impression d'étiquettes adhésives ? demandèrent les Braizat à Marie Aubin.
- Non. Pourtant, je veux ça, imprimer des stickers, des étiquettes et des autocollants. Oui, oui, oui, c'est exactement ce que je veux !
- C'est spécial une imprimerie, risquèrent-ils, qu'est-ce que vous savez faire ? vous sauriez conduire une presse à étiquettes ?
- Je sais conduire une entreprise vers des objectifs. Je sais guider une équipe pour qu'elle se réalise. Je sais écouter les clients. Je vois la valeur de ce que vous avez construit et
que je veux conserver. J'ai de la volonté, de l'intuition et je ne lâche jamais rien. Laissez-moi votre fabrique d'étiquettes adhésives. Vous serez fiers de m'avoir choisie. C'est vrai, je ne
sais pas encore fabriquer ces fichues étiquettes, mais j'ai l'expérience des couleurs, j'apprends vite... Je sais chanter aussi...
- Bon, bon... Topons là ! Dans deux ans vous n'ignorerez rien des étiquettes adhésives. Foi de Braizat, on vous y aidera !
On ralluma les lumières, on fit marcher les presses, qui ronronnèrent assez fort.
Et on confia la clé à Marie Aubin.
Intrigué et lui-même en plein remue-ménage, Jean-Jacques passait dans la rue.
Jean-Jacques, dit Jiji
- C'est quoi ces grosses machines, qu'est-ce que vous faites ici ? demanda t-il.
- Ce sont des presses pour imprimer les étiquettes adhésives. Vous connaissez l'impression d'étiquettes adhésives ?
- Non, dit Jean-Jacques. Mais les machines ça m'connaît. Si je peux rendre service... J'ai fait 36 métiers. Montrez-moi comment imprimer des étiquettes adhésives et je m'occupe de vos
machines...
- Montrez-moi vos mains, demanda Marie.
Il sortit les mains de ses grandes poches. C'étaient des grandes mains qui pouvaient parfaitement convenir pour fabriquer de belles étiquettes. M. Braizat approuva les mains de Jiji. Tout le
monde applaudit.
Marie lui confia les étiquettes et lui demanda de veiller sur les machines afin qu'elles ne manquent de rien et qu'elles marchent toujours.
- Fastoche, dit Jiji.
- Topez là ! dit Marie en planquant quand même sa main pour lui éviter de se retrouver broyée par celle de Jean-Jacques.
Pour imprimer des étiquettes adhésives, heureusement les machines ne suffisent pas. Il faut du savoir-faire en matière de matières, en matière de couleurs, de pression et tout un tas d'autre choses...
Mikaël
Sébastien avait disparu, M. Braizat voulait prendre un peu le large, Jonathan reprenait ses études. Il fallait un imprimeur dans l'équipe, un vrai.
- J'en connais un, dit Jonathan.
- Qui est-ce ? demanda Marie.
- Il sait conduire une presse offset, chiner les livres anciens et jouer en réseau. Un drôle de gars drôlement bien. Mais je ne promets pas qu'il voudra venir... prévint Jonathan.
- Mince, dit Marie, insistez.
Il insista.
- Bonjour, bougonna Mikaël. C'est à quel sujet ?
- Qu'est-ce qui vous ferait plaisir ? demanda naïvement Marie.
- Imprimer, c'est ça que j'aime. Partir de rien et voir les choses prendre forme. Si je viens ,c'est pour devenir un expert de l'impression d'étiquettes adhésives. Comprenez-moi, faire les choses
à moitié, très peu pour moi. C'est tout. Ou c'est rien.
Alors Marie lui confia l'impression, la dorure à chaud et la bonne marche de l'imprimerie.
- ça marche, dit simplement Mikaël.
- Vous voulez un café, demanda Marie ?
- Un grand, répondit Mikaël.
Mais il manquait encore à cette équipe une nouvelle perle rare...
Alli
Les mains d'Alli
- Il faut absolument trouver une fille, dit Marie, question d'équilibre. En plus, elle doit connaître l'impression, la bureautique, faire les clichés. Et puis qu'elle soit sympa, qu'elle sache
faire les devis, et de plus qu'elle bobine les étiquettes soigneusement. Ah, et aussi qu'elle aime nos clients et qu'elle soit souriante.
On ne la trouvera jamais ! se lamenta Marie.
- Allo Alli, commença Mikaël, ramène toi. On a besoin de toi ici, dit-il à son Iphone. A l'école d'imprimerie c'était la meilleure élève et la déléguée de classe. On avait tous voté pour elle,
ajouta t-il.
Elle devait être drôlement bien Alli !
Alli arriva, avec un grand sourire et des yeux pétillants qui rigolaient.
- C'est par où les étiquettes ? dit-elle.
Marie lui confia le bobinage, la bonne humeur des clients et lui demanda de veiller à la qualité des étiquettes.
- Pas d'souci, dit Alli en montrant toutes ses dents en un très large sourire, trop bien !
- Topez-là dit Marie.
C'est ainsi que l'équipe prit forme, une petite équipe dotée d'un grand talent...
- Hop, hop, au boulot ! dit Marie, qui veut un café ?
